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Thursday, 20 October 2011

Poulettes cosmopolites

Tout d'abord, je dois bien dire que j'ai obtenu le titre de cette publication par extension puisque "chicks" ne veut pas dire poulettes. Encore que je n'en sois pas si sûr... !!?

Je souhaite donc parler aujourd'hui de Chicks On Speed.

Petit parallèle hasardeux: comme Lightning Bolt, le groupe a été crée dans le cadre d'un projet artistique universitaire. C'était à Munich en 1997. Les protagonistes d'alors sont donc trois poulettes: Melissa Logan arrivée des Etats-Unis (New York), Alex Murray Leslie débarquée d'Australie (Sidney) et Kiki Moorse qui est tout simplement de Munich.

Elles développent alors leur créativité dans différentes disciplines et notamment la musique à laquelle elles ne connaissent rien. Leur ligne de conduite est de dénoncer la culture de masse et surtout l'industrie qui en tire profit.


Elles sortent rapidement un premier single, "Kaltes Klares Wasser"; un morceau un peu electro/house qui, en fait, devient un hit. Pour la tendance anti-masse, c'est loupé. Mais cela conforte leur idée que l'on peut toucher beaucoup de monde en contournant les gros éditeurs.

Elles sortiront quand même une paire d'albums chez EMI!

Musicalement parlant donc, elles n'ont pas sorti grand chose d'intéressant si ce n'est leur opus de 2005, "Press The Space Bar" un album bric-à-brac lo-fi, mélange électro/punk/rock en collaboration avec un obscur groupe de Barcelone: "The No Heads". Le lien entre eux est Christian Vogel, musicien électro qui produira l'album.

En écoutant ce truc, j'ai toujours une pensée pour No Means No. C'est le premier titre, en contraste avec tout le reste qui suit, qui me fait la même impression que dans "0+2=1"; un son soigné pour un morceau un peu innocent. Et puis c'est la débandade.
Alternent ensuite 12 autres titres au son bien cracra, parfois rock, parfois électro, parfois n'imp' ou encore un peu tout ça en même temps. Une atmosphère un peu glaciale, voire cataclysmique se dégage tout au long de ce patchwork où les demoiselles soit chantent comme des casseroles, soit parlent ou braillent comme des veaux. Cela nous rappelle que les membres de chicks On Speed sont des artistes avant d'être des musiciennes,... et tant mieux!

Aussi, j'ai eu du mal à choisir quels morceaux en extraire pour donner un aperçu d'ensemble. Ce qui revient à dire que le mieux, c'est de tout écouter. Même s'il est possible que cela demande un effort. Press The Space Bar n'a rien d'un produit édulcoré. Sur ce coup là, nos excentriques sont en accord avec leur idéal.

Je disais donc "artistes". Les COS fabriquent leurs costumes de scène, des fringues très laides qui nous ramènent dans les années 80. Elles s'expriment aussi au cours de divers happenings où elles aiment par exemple barbouiller leur environnement de peinture ou encore se battent pour l'amélioration de la condition féminine.
Les COS ont aussi assez rapidement crée leur maison de prod'. C'est ainsi qu'en 2005, elles produisent "The Lighthouse", album solo de Ana Da Silva; oui, celle des Raincoats. Encore une boucle de bouclée ;)

Tous leurs délires plus en détail sur
chicksonspeed.com


Et voici les morceaux 1, 5 et 9 de "Press The Space Bar"



The Household Song





Culture Vulture Part Three



Bravo si vous êtes venu à bout des 85 secondes :D


Is Bigger Better

Saturday, 19 March 2011

Afro punk

Jeudi soir, c'est avec une impression d'aller voir des amis qu'on se rend au concert de The Ex au Bottom of the Hill à San Francisco. On a vu The Ex trois fois déjà, à l'excellent festival de musiques nouvelles Musique Action à Vandoeuvre-lès-Nancy, à leur génialissime 25e anniversaire à Mulhouse (où étaient conviés de nombreux artistes-amis en tout genre, dont le saxophoniste éthiopien Gétatchèw Mèkurya, le poète sonore Anne-James Chaton ou encore Andy Kerr, de Nomeansno, transformé pour l'ocasion en jukebox vivant), et enfin dans les combles d'un château à Darmstadt, la ville intestin, en Allemagne. Nous voilà donc partis pour un quatrième concert, avec une petite angoisse néanmoins: G.W. Sok, le chanteur et fondateur de the Ex qu'on aime tant, a décidé d'arrêter. Heureusement, il ne faut pas plus d'un morceau pour que le nouveau chanteur nous convainque à la fois de son talent de chanteur et de son utilité en tant que troisième guitariste du groupe (G.W. Sok ne faisait que chanter). Il reste cependant loin derrière son compère en terme de charisme et de tenue du micro.

Un peu d'histoire: The Ex est un groupe anarcho-punk hollandais formé en 1979, qui a sorti plus de vingt albums et joué plus de 1300 concerts! Les débuts sont assez punk classique, dans la lignée de Crass, et très impliqués politiquement. Puis au cours du temps les membres de The Ex s'intéressent de plus en plus à d'autres musiques, notamment la musique avant-gardiste, et collaborent au début des années 90 avec le violoncelliste Tom Cora (qui a travaillé avec John Zorn et Fred Frith notamment). Cette collaboration est un vrai coup de génie et donnera naissance à deux albums fantastiques, "Scrabbling at the lock" (1991) et "And The Weathermen Shrug Their Shoulders" (1993).


State of Shock (The Ex and Tom Cora, Scrabbling at the lock 1991)



Puis The Ex incorporent d'autres influences à leur répertoire, notamment la musique improvisée (collaborations avec ICP, Sonic Youth et Tortoise), la musique contemporaine (en orchestre sous le nom Ex Orkest), la musique folklorique hongroise et turque, ou encore la musique africaine. Comme le vin de garde, la musique de the Ex se bonnifie et développe des arômes complexes au fil des ans. Ces dernières années le groupe a énormément tourné en Afrique, notamment en Éthiopie, et l'inspiration africaine se fait de plus en plus sentir: reprise d'un morceau de Konono Nº1 (groupe afrobeat des rues de Kinshasa) sur l'album Turn (2004) et collaboration en 2006 avec la légende d'afrojazz éthiopien des années 70, Gétatchèw Mèkurya. Cet album reste pour moi l'Album (avec un grand A) de l'année 2007.


Ethiopia hagere (Gétatchèw Mèkurya, The Ex & Guests, Moa Anbessa, 2006)



Katherina Bornefeld en train de chanter la chanson folklorique hongroise "Hidegen Fujnak A Szelek" (Scrabbling At The Lock, 1991) au bottom of the Hill. Le concert de jeudi soir n'avait en tout cas rien à voir avec un concert de punk "classique". Des rythmes africains omniprésents, la foule dansait plus qu'elle ne pogotait, et l'ambience était très amicale. Tous les membres de The Ex ont d'ailleurs l'air d'êtres hypers sympas, pas du tout d'attitude de rock star, hypers humbles, très proches du public, toujours souriants: des potes quoi. Après le concert je n'ai pas pu résister à acheter leur nouvel album, produit par Steve Albini (guitariste de Shellac et producteur de génie, notamment pour Nirvana, Pixies, PJ Harvey, rien que ça) et dont la plupart des morceaux du concert étaient tirés. Pas encore eu le temps de l'écouter, mais voici en écoute sur ce blog le premier morceau de l'album, qui m'avait en tout cas marqué pendant le concert. L'air de guitare est tiré de "Elosi aberu skipore imaniti abiro", une chanson ugandaise des années 50.


Maybe I Was The Pilot (The Ex, Catch my shoe, 2010)

Friday, 25 February 2011

Stranglers

Premier message, première difficulté: par où commencer?
Au choix, l'ordre alphabétique, la chronologie; moins facile, ou plutôt me remémorer mon propre parcours dans l'univers de la musique pop-rock (un nom global pour désigner tout ce qui a pu découler du "beat", du rythm'n'blues, mélangé avec un peu de jazz ou que sais-je encore).

Ainsi, pour ceux qui ne connaîtraient les Stranglers qu'à travers leur tube "Always The Sun", voici un message pour réhabiliter un groupe phare de mes premiers pas.

Et pour cause; c'est que leur son n'est vraiment pas banal. De quoi vous faire réaliser que les radios vous cachent bien des choses.

Revenons au groupe. Prenez par exemple un guitariste qui vous balance quelques accords avec un son crado. cette guitare vient se poser sur une batterie plutôt feutrée et réglée comme un métronome avec sa copine basse qui martèle en chœur. Par là-dessus, vous ajoutez des volutes de clavier à la Ray Manzarek; et voilà un improbable mélange qui vous donne une des plus belles mayonnaises que je connaisse.

Je rends donc hommage à leur première période: 1977-1978
- Rattus Norvegicus, des riffs imparables pour un bel assemblage de morceaux bruts et rafraîchissants.
- No More Heroes, dans la même veine mais moins emballant à mon goût. Trop homogène peut-être.
- Et surtout Black & White, où l'on déguste du Stranglers bien affiné.


The Stranglers
Black & White
EMI Records


"Toiler On The Sea": extrait de l'album ci-dessus.






Et pour finir, une petite cerise sur le gâteau. 1981, "La Folie" sur l'album éponyme avec ses textes en français un peu surréalistes.



The Stranglers - La Folie
envoyé par EMI_Music. - Regardez plus de clips, en HD !

Saturday, 19 February 2011

post-kraut

Et voilà le premier message de ce blog à vocation musicale, en espérant que ce ne soit pas le dernier. L'idée est de partager mes découvertes musicales et mes coups de cœur avec mon cousino qui habite très loin, mais aussi avec les amis et internautes francophones fans de musique. Pas de mp3 à télécharger par ici car je ne cautionne pas vraiment. L'idée est plutôt de faire (re)découvrir des artistes, et si vous aimez et bien alors allez acheter les CDs, ou mieux les vinyls, car ils déchirent carrément plus que n'importe quel mp3.



Il faut donc bien commencer ce blog avec un artiste. Et commencer par The Fall n'est peut-être pas si inopportun, car c'est un groupe post-punk hyper prolifique qui a été influencé auss bien par les groupes proto-punk (Stooges, Velvet Underground...) que par le krautrock allemand des années 70 (Faust, CAN, Neu...), autant dire deux de mes styles musicaux phares. Et Mark E. Smith, qui chante avec une voix cynique et incompréhensible, ne cache pas ses influences. Preuves à l'appui:




The Fall, I am Damo Suzuki (This Nation's saving grace, 1985)


Damo Suzuki était le chanteur japonais de CAN sur trois albums fantastiques (dont on reparlera surement plus tard sur ce blog) et "I am Damo Suzuki" (Je suis Damo Suzuki) transpire les influences CANesques. Écoutez les similarités avec le morceau suivant:

CAN, Oh yeah (Tago Mago, 1971).


Autre influence de choix: Iggy Pop. Le morceau "Sing! Harpy" est très inspiré de "Little Doll", sur le premier album des Stooges (the Stooges, 1969). Même le "A-ha" d'Iggy y est copié.

The Fall, Sing! Harpy (Extricate, 1990)



The Stooges, Little Doll (the Stooges, 1969)